Sécurité et insécurité

Vanité de vanités ! Tout est vanité ! Quel profit trouve l'homme a toute la peine qu'il prend sous le soleil ? (Ecclésiaste 1, 2-3)
Après avoir décrit sa vie, ses succès, ses erreurs et ses déceptions, le roi Salomon conclut en toute simplicité :
Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l’homme. (Ecclésiaste 12, 13)
Qui désire s’exprimer en être souverain et nécessaire choisit librement de faire ce qui Dieu recommande.
Faire ce que Dieu recommande (plutôt que commande), n'est pas un problème mais une solution. Ses commandements n'étouffent jamais la liberté :
Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez. (Deutéronome 30, 19)
Les propositions et préceptes divins nous permettent de surmonter le sentiment d'être inutile et de trouver la liberté désirée en collaborant avec Dieu. Nous expérimentons ainsi que nous sommes une de ces « étincelles de Dieu » qui ne meurt jamais. Certes, nous quitterons et notre corps et ce monde visible, mais nous resterons éternellement unis à Dieu.
Les commandements nous mettent en communion avec Dieu dès lors que nous acceptons de collaborer avec lui à l’exemple de Jésus-Christ qui, en faisant sienne la volonté de Dieu, nous a montré comment combler le fossé qui sépare l’homme de Dieu. Nous ne pouvons surmonter l’inquiétude que produit le sentiment d'être « un rien » et le désir d'une existence souveraine qu’en faisant nôtre la volonté de Dieu. Car nous restons inquiets aussi longtemps que nous ne collaborons pas avec Dieu. La seule façon de trouver la paix véritable est de faire nôtre la volonté de Dieu. Mieux nous le servons, plus grande est notre paix intérieure.
Aujourd'hui les hommes cherchent à s'approcher de Dieu en pratiquant différents types de méditations. Ils vivent alors dans une totale subjectivité. Ceux qui se croient être les plus proches de Dieu sont souvent les plus éloignés. D’aucuns peuvent passer des heures en méditation et prétendre être près de Dieu, mais s'ils commettent l'adultère, tout le monde se rend compte qu'ils ne sont que des cloches qui résonnent. Leurs expériences spirituelles ne sont que des illusions. Pour différencier la méditation véritable de l’illusion, il suffit d'observer si les personnes concernées aiment les commandements de Dieu.
Les commandements nous font toucher au divin, partager l’absolu et sentir que l’âme est une expression de Dieu. Ils nous procurent un profond sentiment de sécurité et de paix. Sur la voie des commandements nous pouvons, soit travailler en union avec Dieu, soit faire ce que nous voulons et nous sentir inutiles et réprouvés. Quand Dieu nous propose « la vie (éternelle) ou la mort », allons-nous répondre : « Au nom de la liberté, moi qui ne suis qu’une possibilité, je choisis la mort éternelle, la souffrance, l'insécurité et l'angoisse ? » Ce serait un choix bien ridicule.
Beaucoup de choses attrayantes se révèlent n’être qu’une torture. Par exemple, se réveiller tous les matins en ne sachant pas quoi faire est plutôt paralysant. Bien que libre, le sentiment d'être inutile fera vite place à l'anxiété. L’inactivité et les activités qui ne sont pas réalisées pour Dieu augmentent la souffrance et notre insécurité existentielle. Faire nôtre la volonté de Dieu est, paradoxalement, le seul moyen de satisfaire nos désirs. La liberté étant l'essence même de notre être, nous avons besoin de nous sentir nécessaires et souverains. Et nous le devenons en suivant la voie des commandements de celui qui est le même hier et aujourd’hui et pour les siècles.
Un jour Dieu se révèle à Abraham et lui dit :
Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai. (cf. Genèse 12, 1-4).
Dieu donna à Abraham un conseil et non un ordre. C’est pourquoi, Abraham quitta son pays comme collaborateur de Dieu chargé d’une mission divine. Dieu offre à tous les hommes la même possibilité d'accomplir une mission en son nom. Ses divins commandements offrent cette occasion. Quel est notre choix ? Vivons-nous sans même savoir ce que nous faisons ? Certes, ce qui doit être le sera de toute façon, avec ou sans nous. Cependant, tout choix véritable nous conduit à savoir et à célébrer ce que nous faisons.
Nous aimons la liberté lorsque nous pouvons faire ce que nous désirons, et nous la haïssons quand elle nous rappelle que notre existence n'est qu'une possibilité et que nous ne serons jamais anoblis si nous ne faisons que ce qui nous plaît. En aimant comme Christ nous a aimé, nos fusionnons avec la réalité absolue.
Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père ! (Colossiens 3, 17)