Ne jugez point !

Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurerez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment dis-tu à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère. (Matthieu 7, 1-5)
Il n'y a guère de plus grand mal que de juger les autres ! Non seulement cela est absolument inefficace et toujours néfaste, et pour celui qui juge et pour celui qui est jugé ! Celui qui juge s'érige en Juge et agit comme s’il connaissait les problèmes, les situations, les circonstances de la partie adverse. Bref, il pense tout savoir. Cet entendement pernicieux lui donne cette hardiesse de s’ériger en arbitre.
Mais si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés. (1 Corinthiens 11, 31-32)
Ne parlez point mal les uns des autres, frères. Celui qui parle mal d’un frère, ou qui juge son frère, parle mal de la loi et juge la Loi. Or si tu juges la loi, tu n’es pas observateur de la loi, mais tu en es juge. Un seul est législateur et juge, c’est celui qui peut sauver et perdre ; mais toi, qui es-tu, qui juges le prochain ? (Jacques 4, 11-12)
Certes, les jugements peuvent être exprimés de façon « nuancés » et s'appliquer sous une multitude de formes et dans toutes sortes de circonstances. Il n'est pas rare que les prières en réunion soient utilisées pour corriger les autres et pour y exprimer « son » propre jugement ! Un autre moyen pour juger les autres est d’utiliser la prédication. Au lieu de laisser à l'Esprit de Dieu le soin d'enseigner et d’exhorter avec onction les frères et soeurs pour que chacun se juge lui-même dans son cœur, les prédicateurs se permettent d’intervenir eux-mêmes pour s'occuper et juger les personnes visées. Les interventions se font alors volontiers avec une supériorité de langage. Les jugements sont savamment enveloppés sous formes d'exemples qui proviennent soit de choses entendues, soit d'événements difficiles à supporter. Le tout se pratique sous le prétexte de vouloir aider son prochain…
Cependant, il y a toujours des réactions et parmi ceux qui sont concernés par les mjugements et parmi ceux qui ne le sont pas. Quand les paroles sont habilement choisies nul ne se sentira concerné mais les auditeurs s’interrogeront sur la signification des propos tenus. Si par contre le prédicateur dévoile « ses vérités » trop crûment, tous comprendront de quoi il s’agit et tourneront leur regard vers le « coupable ». Seulement, sous de telles conditions, nul ne peut s’attendre à ce que la personne concernée accepte le jugement.
Le propre de tout jugement est la recherche de faire valoir sa propre personne et à se donner de l’importance. Ceux qui jugent se mettent au-dessus de la loi ; ils se mettent à la place de Dieu ! Dans leur incrédulité ces personnes se comportent alors comme un médecin qui administre à ses malades un remède aussi inefficace qu'inutile et néfaste. L'odeur qui se dégage de telles interventions pubiques n'est pas une odeur de vie, mais une odeur de mort. Au lieu de gagner la personne visée dans son discours, au lieu de l'aider à se corriger, éventuellement, le sermoneur creuse un fossé qui peut devenir infranchissable.
Mais que faire lorsqu'il y a réellement « un cas sérieux » qui préoccupe les pensées ? Si nous ne sommes pas directement concernés, mais que jnous ayons entendu des ouies dire, nous devons renoncer à vouloir s'occuper de cette affaire et la remettre entre les mains de Dieu qui juge justement. Dans la plupart des cas, il suffit de prier Dieu pour qu’il donne la vie à ce frère. (1 Jean 5, 16) Dans les autres cas il faut se mettre d'accord avec la partie adverse : aller trouver son frère se réconcilier avec lui. (Matthieu 5, 23-25)
Pour vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, qu'elle est véritable, et qu’elle n'est point un mensonge, demeurer en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés. (1 Jean 2, 27)
Laissons à l’Esprit Saint le soin d'enseigner, avec cette onction qui lui est propre,  ceux de nos frères dans l'oeil desquels nous croyons apercevoir une paille... Au lieu de nous ériger en juges utilisons les rencontres pour nous exciter mutuellement à la charité et aux bonnes œuvres et pour avoir, en toute circonstance, foi en la Parole de Dieu.
Persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent. (1 Timothée 4, 16)