Jésus et Judas

Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit : maintenant le fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. (Jean 13, 31)
D’aucuns pensent que la gloire évoquée dans ce verset soit le fait que Judas ait quitté Jésus et ses compagnons. Ils raisonnent ainsi par l’habitude qu’ils ont d’occulter leurs propres turpitudes en se déchargeant sur ces « boucs émissaires » que sont les autres : des gens impossibles, difficiles, traîtres, ingrats, arrogants, etc. Ils s’imaginent que Jésus se soit libéré de Judas comme ils aimeraient se débarrasser des gens qui déplaisent. Ceux qui raisonnent de la sorte n’ont pas encore la lumière véritable. Examinons de plus près de quelle manière Jésus et Judas se sont quittés.
Au début de son ministère public, et après avoir réuni autour de lui les douze, Jésus leur donne son enseignement sous la forme du « Sermon sur la montagne ». Pour souligner la différence entre l'ancienne et la nouvelle Alliance, dont il est l'initiateur, il dit à plusieurs reprises : Il a été dit... mais moi, je vous dis ! Jésus n'abolit nullement la Loi mais en élargit sa signification considérablement tout en l'accomplissant parfaitement. Cela avait de quoi décourager ceux qui étaient à son écoute et raisonnaient : Personne n'a jamais observé toute la Loi, comment pourrait-on mettre en pratique ce que Jésus enseigne ?  Il n'est pas étonnant dès lors que plusieurs trouvèrent sa parole trop dure et le quittèrent.
II a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5, 43-45)
Ce ne furent pas seulement de simples paroles, mais Jésus allait démontrer qu'il était bien un fils de son Père en se comportant littéralement de cette manière avec ceux qui l'entouraient, et particulièrement avec Judas. L’apôtre Jean témoignera plus tard :
La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. (Jean 1, 14)
Jésus a vécu avec Judas et les autres disciples pendant trois ans environ. Bien qu'il savait que Judas le livrera, il le traitait comme son meilleur ami. Pour mieux comprendre le comportement de Jésus, représentons-nous cette situation dans le contexte de la vie quotidienne. Tous nous sommes en relation avec d'autres personnes. Et il est manifeste que la plupart des croyants (ne parlons pas des autres) ne supportent pratiquement rien. Leurs difficultés dans telles ou telles situations, leur gêne (voire haine) envers certaines personnes (si ce n'est toutes celles avec qui ils sont en relations) sont manifestes et ressenties par beaucoup. Que ce soit au travail, au foyer ou dans les églises mêmes des incroyants remarquent ces personnes qui ne sont pas supportées ou qui ne supportent rien. Qui ne connaît pas les difficultés que des parents peuvent avoir avec « celui-ci » de leurs enfants ? Ou celles que des frères et sœurs ont avec « untel » dans leur assemblée ?
Que dire alors lorsqu'il s'agit non seulement d'un cas « difficile » mais de quelqu’un qui, comme Judas, est traité de voleur par des « âmes charitables » ? Une telle nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre, accompagnée de mise en garde, de froideur, de mépris et d’une mise à l’écart.
Jésus nous a laissé comme un exemple sa relation extraordinaire avec Judas. Le récit en Jean 13, 1-11 relate qu'avant la fête de Pâques, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, Jésus mit le « comble » à son amour pour tous les disciples en leur lavant les pieds. Il s'est abaissé devant Judas, celui même qui allait le livrer, lui lavant les pieds comme aux autres. Ensuite, à table avec ses disciples, Jésus leur dévoila que l'un d'eux allait le livrer ! Etonnament, aucun n'avait la moindre idée de qui Jésus parla et ils se regardèrent les uns les autres. Alors Pierre, voulant avoir le cœur net, demanda au « disciple que Jésus aimait » d'interroger le Seigneur. La réponse que Jésus lui donna est des plus surprenants : C’est celui a qui je donnerai le morceau trempé !
Surprenant, parce que selon la tradition, l'hôte réserve le premier morceau toujours à son invité d'honneur ! Voilà comment Jésus se comportait avec Judas jusqu'à la fin ! Ce que tu fais, fais le promptement, lui conseille-t-il en même temps, et cela d'une manière si bonne, aimable et parfaite qu'aucun des autres disciples ne comprit dans quel sens Jésus dit cela à Judas ! Bien au contraire, quelques-uns crurent comprendre que Jésus commandait un supplément pour la fête ! En quelque sorte le désert ! Quel désert, en effet : Jésus signa en cet instant même, sans qu’aucun des proches ne le suppose, sa propre condamnation à mort… Il envoya son ami chercher les bourreaux ! Maintenant, le fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui, expliqua Jésus simplement. Il venait de démontrer de la manière la plus parfaite ce qu'il avait enseigné aux disciples dans son « Sermon sur la montagne » : Il était bien un fils de Dieu. Jésus conclut ensuite le repas en résumant « sa doctrine » à l’adresse de ceux qui restèrent :
Je vous donne un commandements nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. (Jean 13, 34
II n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15, 13)
Judas était un de ses amis les plus proches. Jésus nous a aimé et a donné sa vie pour nous, lorsque nous étions encore des pécheurs. C’est pourquoi, nous qui avons connu son amour, nous devons aussi donner notre vie pour nos frères. (1 Jean 3, 16) Renoncer à soi-même, renoncer à tout et en toutes circonstances, c'est cela que signifie donner sa vie, c’est cela être un disciple de Jésus-Christ qui suit ses traces et apprend à aimer comme lui-même a aimé. Ce faisant, nous sommes en vérité des fils de notre Père céleste - des frères de Jésus.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez (comprends cordialement !) seulement vos frères que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens n'agissent-ils pas de même ? (Matthieu 5, 46-47)
Oui chers amis chrétiens, nous sommes tous appelés à faire cette chose extraordinaire : « Agir et aimer comme Jésus a aimé ! » Rien de moins ! Cela seul est parfait ! Et être parfait n'est-ce pas notre vocation ? Ainsi, nous aussi nous serons glorifiés, et Dieu et son Fils seront glorifiés en nous et par nous, et tous connaîtront que nous sommes ses disciples :
Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5, 48)

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Une remarque entre «avis» et «vie» . . . souhaits . . .

Voilà un article qui a été écrit il y a environ quarante ans après avoir été prêché autour d'une table dans une cuisine. Il est normal d'examiner toutes choses et de retenir ce qui est bon.
"Examinez toutes choses, retenez ce qui est bon." (1 Thessaloniciens 5,21) Tout ce qui est bon peut être répété de temps à autre.
Après l'exhortation, il y a "la vie". Ici et là on voit nombre de personnes avoir communion sur ce qui se dit, sur des paroles. Ce sont des communions philosophiques. Seule la vie que l'on vit de la même façon, dans le même genre d’épreuves, donne la vraie communion.
L'exhortation par l'attitude de Jésus vis-à-vis de Judas peut nous donner un avis commun. Mais si on veut avoir communion avec l'expérience vécue de Jésus-Christ, il faudrait aussi avoir eu la même épreuve, la même tentation qui a duré trois ans. Jusqu'à maintenant, je ne connais pas de cas similaire. Notre Seigneur est largement au-dessus de chacun de nous.
Les paroles de cet article sont vraies. Elles sont l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ - de lui, pas d’un autre.
Parler de lui ne nous permet pas d’induire à notre compte, une chose qui n’a pas été notre comme si on était au même niveau de combat.
Restons humblement où nous en sommes. Avouons notre petitesse tout en étant plein d’admiration pour Celui qui, étant "Homme et Dieu, Dieu et Homme", a remporté si triomphalement un tel combat.
Adorons, n’adorons que Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur.
Bonnes fêtes et bonne année à tous!