Fiancé à Christ

Car je suis jaloux de vous d'une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancé à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ. (2 Corinthiens 11, 2-3)
Dieu a institué le mariage non seulement pour que les hommes se multiplient et prennent possession de la terre, mais aussi pour leur permettre de vivre dans une communion harmonieuse. Mais comme la femme a montré au Paradis qu’elle se laisse facilement séduire, il y va de son bonheur de se soumettre au mari plutôt que de l’inciter à de mauvais choix. Quant au mari, il doit apprendre à se soumettre aux desseins de Dieu et à aimer sa femme, tel qu’elle est, comme Christ aime l’Eglise. (cf. Ephésiens 5, 22-33) Une épouse et un mari qui craignent Dieu renoncent à leur propre volonté et apprennent en toutes choses de celui qui est doux et humble de cœur : Jésus-Christ. Vivre le mariage en aimant les lois divines lui procure du charme et de l’harmonie et préserve le foyer de la déchéance.
Ce ne sont pas les mouvements féministes qui conduisent à l'émancipation des femmes mais les lois divines. Elles les libèrent de cette conception moderne de la vie qui engendre ces dérèglements, impudicités et adultères qui brisent les liens sacrés du mariage et détruisent les familles. Les lois du mariage permettent aussi bien à la femme qu’au mari de s’épanouir et d’être dans ce monde le reflet de la relation aimante qui existe entre Christ et l’Eglise. Le mariage est alors une illustration pratique de la manière que mari et femme vivent leur union spirituelle avec Christ concrétisée lors de leur baptême.
En effet, à l'exemple d'une fiancée éprise de son fiancé, celui qui se laisse baptiser dans la mort de Christ s’engage, une fois pour toute, à se soumettre en toutes choses à son divin époux. Comme un enfant nouveau-né il se développe et apprend à rejeter toute méchanceté, ruse, envie et médisance et à soumettre sa volonté et son corps au service des desseins de Dieu. Tout en continuant à vivre avec et dans son corps, il vit dès lors non plus pour lui-même mais dans la foi au Fils de Dieu. Il apprend à ne plus marcher selon la chair mais à vivre et marcher selon l'Esprit ; et cette vie ne manquera pas à se manifester par les fruits de l’Esprit. (cf. Galates 5, 16)
Il y a dans la nouvelle naissance une analogie avec Jésus-Christ fait homme. Une relation entre ce qui est humain et divin. En effet, avant de devenir un fils de l'homme Christ était fils de Dieu ; mais nous, avant de devenir des fils de Dieu nous étions des enfants nés de la chair et de la volonté de l’homme. Pour être rendu semblable à nous, Christ a dû quitter les cieux pour la terre, se dépouiller de sa divinité et revêtir notre humanité. Notre parcours est en sens inverse. Pour être rendu semblable à Christ, nous devons quitter le péché, nous dépouiller de notre vieil homme et revêtir sa nature divine.
Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. (Romains 6, 4)
Cette transformation (appelée sanctification) commence dans l’esprit et se poursuit dans la purification de l’âme pour s'achever, au son de la dernière trompette, lorsque notre corps corruptible revêtira l'incorruptibilité et le corps mortel l'immortalité. (cf. 1 Corinthiens 15, 51-52) En vue de cet événement, l'Esprit Saint travaille inlassablement à notre éducation pour nous présenter à Christ comme une vierge pure, une épouse qui lui est semblable. Pour y parvenir, il utilise les circonstances qui se présentent dans notre vie de tous les jours. Bien que nous sachions que l'Esprit travaille pour faire de nous des dignes cohéritiers de Christ, nous savons tout aussi bien que son œuvre ne peut se faire que dans la mesure où nous lui obéissons.
L’Ecriture appelle les disciples des saints et des élus parce qu’ils ont quitté les ténèbres du péché pour la lumière et sont entrés en relation et avec le Christ et avec le Père.
La relation avec Christ est cependant d’un ordre différent de la relation avec le Père. Avec Christ notre relation est semblable à celle qui existe entre deux fiancés : c’est une relation d'amour et de soumission librement consentit. Christ nous considère comme des êtres matures qui s'attachent à lui comme le font envers leurs maris les femmes qui craignent Dieu. Avec le Père notre relation est semblable à celle qui existe entre un enfant adoptif et son père, c’est une relation de respect et de subordination. Pour le Père nous sommes des enfants qui ont besoin d’apprendre à obéir (ce que tous les parents devraient apprendre à leurs enfants) de la même manière que Jésus : à travers les choses qu’il faut souffrir. (cf. Hébreux 5, 8-9)
Ce qui demeure dans la vie ce sont : la foi, l'espérance et l’amour. (cf. 1 Corinthiens 13, 13) La foi se rapporte au présent, elle s'occupe de la vie quotidienne et ne se soucie nullement du lendemain. Elle nous procure la maturité nécessaire pour être fiancés et unis à Christ et porter pour fruit une vie sainte. L'espérance se rapporte au lendemain, le futur. Elle exprime la situation de l'enfant qui a besoin d'apprendre et qui s’intéresse aux choses à venir. L’amour nous rendant participant de la nature divine et semblable à Christ de qui nous apprenons, aussi longtemps que nous vivons dans la chair, à aimer comme il nous a aimé.
Avant d’être déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts, Jésus devait apprendre l'obéissance parce qu’il était, selon la chair, un enfant de la postérité de David. Et ce n'est qu'après avoir appris l'obéissance par les choses qu’il a souffertes que Jésus fut élevé à la perfection et qu’il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel.
C’est pourquoi il peut conduire à la gloire tous ceux que le Père lui confie, les sanctifier et les rendre semblables à lui pour former avec eux un seul corps, ce corps dont il pourra dire comme jadis Adam :
Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair. (Genèse 2, 23)
En effet, Christ qui sanctifie et l'épouse qui est sanctifiée par lui sont issu d’une même lignée ; ils sont nés de l’Esprit.