Dans toute la plénitude de Dieu

En sorte que vous soyez remplis jusqu'à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen ! (Éphésiens 3, 20-21)
L’Église - le corps de Christ, son épouse - est la plénitude de Dieu qui remplit d’amour « l’homme intérieur » de ceux qui lui appartiennent. La finalité exaltante de l’Église est d'être éternellement unie à Christ et de refléter la gloire et l'honneur de Dieu. A présent, l'épouse de Christ n'est encore pas parvenue à maturité : elle vit toujours sous le régime des fiançailles. Mais dans l'attente de ses noces avec l'Agneau et la couronne de justice qui leur est promise, les saints et fidèles utilisent le temps qui leur est impartie pour s’activer dans l’amour et travailler avec crainte et tremblement à accomplir leur salut. (Philippiens 2, 12)
Depuis que Dieu a mis dans nos cœurs comme gage des biens à venir les arrhes de l’Esprit (2 Corinthiens 1, 22) et de son règne d’Amour, nous avons la puissance et la capacité pour mettre en pratique les divins commandements et nous développer au-delà de tout ce que nous pensons et demandons. Aimer Dieu, c'est veiller à ce que jamais rien ne nous sépare de son amour manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 8, 39) Aimer Dieu, c’est imiter Christ qui a tout renoncé pour que l’image de Dieu puisse se rétablir en l’homme.
Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. (Jean 4, 24)
La véritable prière est un mouvement continu de l'esprit. Les prières et les rites faits en des temps et endroits prédéterminés sont des exercices religieux qui, certes, peuvent servir de pédagogue jusqu’au Christ (Galates 3, 24), mais la foi en Christ venue, ils n'ont plus leur place dans la nouvelle Alliance. En Christ nous pouvons en tout temps, nous avancer avec assurance du trône de la grâce et obtenir du Père des miséricordes l’aide à l’heure du besoin.
Si quelqu'un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. (Matthieu 24, 23)
N'admirons jamais ceux qui disent Seigneur, Seigneur… et qui ne font pas la volonté de Dieu. Toutes les sectes prétendent : l’Église, c'est nous ! Il vaut mieux être méprisés d'eux que de les suivre. Les saints et fidèles ne peuvent pas honorer et glorifier Dieu en ayant communion avec ceux qui sont riches en eux-mêmes. Ce qui est difficile pour eux, c'est de reconnaître qu'ils font fausse route, qu'ils ne se comportent qu’en pauvres ennemis de Dieu. Qu'il est difficile pour eux de se laisser guérir.
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! (Marc 10, 25)
A l’opposé du riche, il y a le pauvre. Celui dont l’esprit est attiré par ce qui est considéré par le monde comme folie, faiblesse, vil, méprisable et insignifiant. C’est à « ces pauvres en esprit » qui ne savent rien d’autre que rejeter tout malice et toute fourberie, hypocrisies, jalousies et toute sorte de médisances (1 Pierre 2, 1), que Dieu donne accès à son Royaume où ils goûtent la profondeur de l’amour divin. Pour susciter en l'homme le désir de recevoir ce salut en Christ, Dieu se sert de cette loi particulière :
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés. (Matthieu 5, 6)
Ne pas vouloir se tourner vers Dieu, refuser de croire l’Évangile de Christ et ne pas se convertir est un sacrilège qui honore le diable doublement : 1. Il l’emporterait sur Dieu ; 2. Il aurait eut raison d'avoir séduit Adam. Qui affiche une piété extérieure fait aussi le jeu du diable ; car celui-ci se tait tant que ce qui est terrestre, telles que : la débauche, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, la cupidité, règnent dans un cœur. Ce que le diable ne souffre pas, c'est devoir s'effacer devant Christ.
De fait, quand nous étions dans la chair, les passions pécheresses qui se servent de la Loi opéraient en nos membres afin que nous fructifiions pour la mort. (Romains 7, 5)
Mais à présent nous sommes morts à ce qui nous tenait prisonniers, et nous servons Dieu dans la nouveauté de l’esprit avec la force que donne l’Esprit Saint. Nous vivons dans la lumière, tout comme Dieu lui-même est dans la lumière, et nous sommes en communion les uns avec les autres. De ce fait, le péché ne nous assaille plus de l'intérieur, mais de l'extérieur. C'est ce qui cause bien des souffrances. Mais comme nous savons que les souffrances et tribulations précèdent la gloire, il ne faut pas perdre courage ni se laisser effrayer et décourager. Cela vaut l’effort de combattre et de résister, s’il le faut jusqu'au sang, pour ne pas se laisser ravir la couronne incorruptible de vie et de justice.
Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez... (Matthieu 7, 7)
Quelle magnifique promesse ! Encore faut-il demander ! Oui, n'ayons jamais de retenue pour demander ! Surtout la sagesse nécessaire pour avoir une conduite irréprochable. (Jacques 1, 5) Et Dieu qui connaît ceux qui l'invoquent est toujours prêt à les remplir « jusqu'à toute la plénitude de Dieu » et même « infiniment au-delà de ce que nous demandons et pensons ». Cela montre les énormes possibilités qui sont à notre disposition et que l'Esprit se fait fort de nous communiquer.
La puissance qui agit « en nous » - tous les saints et fidèles disciples de Christ - c’est cet amour divin qui remplie notre cœur. Dans la mesure où nous laissons à l’amour libre cours à se manifester, nous grandirons de toutes manières vers le Christ et devenons des modèles à l’égard de ceux qui nous sont échus en partage. Plus l’amour divin agit en nous, plus il se développe en nous, plus nous aimons, plus nous donnons, plus nous servons les desseins de Dieu et plus nous le glorifions et reflétons son image. L’apôtre Paul exhorte les assemblées des saints et fidèles :
Aspirez aux dons spirituels, surtout à celui de prophétie. (1 Corinthiens 14, 1)
Et pourquoi ? Parce que celui qui prophétise édifie, exhorte et réconforte l’assemblée et l’église. Dieu n'est jamais mieux glorifié que par le comportement serein et confiant dans les afflictions et tribulations que traversent ses enfants durant leur pèlerinage terrestre. C'est dans les épreuves que la puissance divine - toute la plénitude de Dieu - se manifeste comme la lumière du monde. Qui expérimente et qui vit cela peut aussi affirmer : « Je suis un chrétien ! »