Créés en Jésus-Christ pour…

Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions.  (Éphésiens 2, 10)
Que l’homme soit incapable par nature de pratiquer ce qui est bon, l’Histoire le démontre clairement. Nicodème, un notable des Juifs, qui était persuadé que Jésus ne pouvait accomplir ses bonnes œuvres sans que Dieu soit avec lui, s’entendit dire : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu » (Jean 3, 3). Jésus dissipa ainsi ce malentendu que les hommes (religieux ou non) soient naturellement capables de faire quelque chose de bon, de bonnes œuvres. Et lorsqu'un jeune homme riche s’approcha de Jésus et lui demanda ce qu'il faut faire de bon pour obtenir la vie éternelle, il reçut cette réponse :
Qu'as-tu à m'interroger sur ce qui est bon ? Un seul est le Bon.  (Matthieu 19, 17)
C’est justement parce que ce qui est bon n’est pas inné chez les hommes engendrés du sang et du vouloir de la chair qu’ils doivent naître de nouveau pour devenir des enfants de Dieu ; Ils doivent naître de Dieu, de celui qui seul est le Bon. Ce n’est qu’en naissant d'eau et d'Esprit que les hommes deviennent cette « œuvre parfaite de Dieu » dont Christ n’a pas besoin de rougir en les appelant ses frères (cf. Hébreux 2, 11). Lors de son « baptême en Jésus-Christ », les croyants sont enrôlés dans un mouvement d'amour qui les rend aptes à pratiquer les œuvres bonnes que Dieu a préparées depuis longtemps pour eux. Des œuvres qui contribuent à l’accomplissement des desseins de Dieu pour ce monde. Ces œuvres d’amour que Jésus-Christ a pratiquées et dont il nous a laissées l’exemple pour que nous suivions ses traces (1 Pierre 2, 21).
Quelle est la différence entre les bonnes œuvres et les œuvres mortes ? Les Évangiles désignent comme œuvres mortes - aussi appelées œuvres inutiles - toutes les œuvres que les hommes pratiquent avant leur nouvelle naissance. Certes toutes les bonnes actions et toutes les œuvres humanitaires profitent aux personnes dans les besoins : mais elles ne peuvent transformer la vie intérieure de ceux qui les pratiquent. Il en est tout autrement des bonnes œuvres qui se pratiquent après la nouvelle naissance. Du fait qu’elles sont pratiquées dans l’Esprit de Christ, elles profitent non seulement à ceux qui se trouvent dans les besoins, mais elles sont aussi précieuses et profitables à ceux qui les pratiquent. Et pour quelle raison ? Parce que nous ne sommes pas sauvés en paroles, mais par la puissance d'une vie impérissable qui nous transforme constamment au point de ressembler à Christ et refléter son image : l’image de Dieu. Cette puissance de vie nous rend maintenant capables de faire la volonté de Dieu autant que nous étions auparavant incapables de pratiquer de bonnes œuvres.
Selon le dessein éternel de Dieu nous avons été créés pour former avec Christ un corps qui manifeste la gloire et l’honneur de Dieu dans toute la création. Cette divine élection et le don de grâce en Christ excluent toute passivité de notre part. Car si nous négligeons de pratiquer les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l'avance et si nous ne portons pas beaucoup de bons fruits, nous serons retranchés du corps de Christ (cf. Jean 15, 2). Car l'ouvrage de Dieu n'est pas et ne sera jamais une œuvre partielle ou imparfaite.
Celui qui est en Christ est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées et voici toutes choses sont devenues nouvelles. (2 Corinthiens 5, 17)
Il est impossible d’être une nouvelle créature en Christ sans être morts au péché et sans vivre en lui et avec lui comme une œuvre parfaite de Dieu. En tant que nouvelle créature en Christ, nous avons vocation de refléter son image (qui est l’image de Dieu), en pratiquant les bonnes œuvres préparées d'avance en vivant selon son bon plaisir à la louange et la gloire de son nom.
Et quelles sont ces bonnes œuvres ? Les bonnes œuvres ce sont les fruits de l'Esprit (Galates 5, 22) ; ce sont toutes ces œuvres que l'Esprit Saint, si nous lui obéissons, est en mesure de produire en nous et par nous. Dès l'instant que l'amour de Christ nous presse (2 Corinthiens 5, 14), nous avons un besoin impérieux d'aimer Dieu et notre prochain en les servant sur notre chemin de vie.
Je marcherai devant toi, j'aplanirai les chemins montueux, je romprai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies, afin que tu saches que je suis l’Éternel qui t'appelle par ton nom (Isaïe 45,2-3).
Celui qui décline l'invitation à devenir une œuvre de Dieu, se condamne lui-même à rester dans les ténèbres du péché. Il se range du côté de ses hommes au cou raide et rebelle dont il est dit :
Le voici gonflé d’orgueil, celui dont l’âme n’est pas droite (Habacuc 2, 4).
Que faire avec ceux qui refusent l’invitation de l'Évangile et qui ne veulent pas croire et se laisser sauver ? Dieu lui-même ne peut les aider, car l'incrédulité est justement ce péché qui ne peut être pardonné : le péché contre le Saint-Esprit (Matthieu 12, 31).
Malheureusement, ceux qui ne croient pas l’Évangile de Christ, les incrédules, ne se contentent rarement de rester des pécheurs inoffensifs. Ils sont de la même famille que Elymas, le magicien, que l’apôtre Pierre apostropha :
Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites du Seigneur (Actes 13,10) ?
Ces personnes impies se font toujours un plaisir de pervertir les voies du Seigneur en cherchant, par ruses ou par fraudes, à détourner de la foi ceux qui apprennent à l’école de Christ comment trouver dans toutes les circonstances de la vie l’épanouissement et repos de l’âme (cf. Matthieu 11, 29).