Résistez au mauvais jour

C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. (Éphésiens 6, 13)
« Le jour mauvais » est un jour où nous subissons plus de tentation qu’en temps ordinaire. Ce fut « le jour mauvais » pour les trois amis de Daniel quand il furent jetés dans la fournaise ardente. Ce fut « le jour mauvais » lorsque Joseph fut vendu par ses frères. Ce fut « le jour mauvais » lorsque Jésus fut tenté par Satan… « Le jour mauvais » est de façon figurée celui où nous sommes tentés et éprouvés par notre propre convoitise qui nous leurre. (cf. Jacques 1, 14) C’est pour ne pas y succomber que nous prions notre Père céleste :
Ne nous laisse pas entrer en tentation ; mais délivre-nous du Mauvais. (Matthieu 6,13)
Mais même « le jours mauvais » nous ne sommes, heureusement, pas tentés au-delà de nos forces. (1 Corinthiens 10, 13) Et ce d’autant moins que des tempêtes, tribulations et afflictions peuvent nous assaillir qu’à tout moment. « Le jour mauvais » manifeste alors si nous avons bâti sur le sable ou sur le roc.
Quiconque écoute ces paroles que je viens de dire et les met en pratique, peut se comparer à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n'a pas croulé : c'est qu'elle avait été fondée sur le roc. (Matthieu 7, 24-25)
Pour pouvoir résister aux attaques nous devons connaître les méthodes utilisées par le Prince des esprits des ténèbres qui sont davantage que de simples impulsions. Ces esprits sont des êtres sans corps avec leur propre personnalité : hautement cultivés, intelligents, brutaux, lubriques, vicieux, religieux, etc. Leur politique est de contrer les saints et d’abolir le christianisme ; ils en confient l’exécution aux dirigeants de ce monde dont le diable dit :
Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée, et je la donne à qui je veux. (Luc 4, 6)
Jésus ne le contredit nullement. Il savait que « le Prince de ce monde » est autorisé à gouverner jusqu’à y révéler l'Antéchrist. Comme Jésus-Christ est l'incarnation de Dieu, l’Antéchrist sera l'incarnation de Satan.
Pour avoir rejeté la parole de Dieu et confondu les sacrifices avec l’obéissance, le roi Saül fut tourmenté par un esprit du mal. Pour apaiser ses angoisses il eut recours à un jeune musicien : David qui, chaque fois que le mauvais esprit assaillit le roi, se mit à jouer de la cithare des mélodies apaisantes qui détendaient le roi et écartaient le mauvais esprit. (cf. 1 Samuel 16, 14-23 pff) Mais un jour, un esprit de jalousie poussa le roi à regarder David de travers au point de jeter sa lance contre lui pour le tuer. Est-ce bien Saül qui jeta la lance ? En un sens oui, mais en réalité ce fut l’esprit de jalousie qui l’empêcha trouver la paix. Et que fit David pour contrer l’adversaire ? Il se défendit en évita les coups par deux fois et en prenant la fuite au troisième assaut. Renoncer aux violences est la condition sine qua non pour mettre un terme aux hostilités.
Les esprits du mal mirent tout en œuvre en assiégeant Jésus sur la croix pour détruire son œuvre salutaire. En vain ! Car Jésus ne dénonça pas ceux qui l'ont clouées sur la croix mais les esprits et les puissances des ténèbres. Il les vainquit par sa faiblesse : en passant lui-même par la mort, il ravit au diable la puissance de la mort. (cf. Hébreux 2, 14) Depuis le pouvoir de Satan est brisé. Désormais, pour séduire il ruse et quadrille notre champ de la foi avec des mines anti-personnelles, de faux enseignements et de l’amour du monde. De même qu’il s’en prenait à Jésus de même il s’en prend à ses disciples.
Sommes-nous armés pour « le mauvais jour » ? Si nous n’avons pas renoncé à tout, à cause de Christ, nous risquons que « le Prince de ce monde » tentera le tout pour le tout pour nous faire retomber en son pouvoir. Pour éviter ce désastre et tenir ferme lorsque les esprits du mal nous attaquent, nous devons endosser l’armure de Dieu : la vérité, la justice, le zèle, la foi, le salut la Parole de Dieu. Nous ne pouvons préserver notre intégrité spirituelle et contrer les ruses du diable qu’en nous abritant derrière cette précieuse armure. Nous n’y avons rien à craindre lorsque nous sommes attaqués, soupçonnés et calomniés sans cause.
Christ nous a prévenu que les puissances du monde des ténèbres sont en marche :
Je vous le dis maintenant avant que cela n'arrive, pour qu'au moment où cela arrivera, vous croyiez. Je ne m'entretiendrai plus beaucoup avec vous, car il vient, le Prince de ce monde ; sur moi il n'a aucun pouvoir, mais il faut que le monde reconnaisse que j'aime le Père et que je fais comme le Père m'a commandé. Levez-vous ! Partons d'ici ! (Jean 14, 19-31)
D’autres esprits du mal, comme la maussaderie et les soupçons, s’invitent dans les couples, les familles et les communautés où ils peuvent créer des tensions telles que tout se détraquent. Les conflits sont insidieux parce que nous avons tendance à réagir aussi mal que ceux qui nous entourent. Ces esprits font que l’on ne se comprend plus et que l’atmosphère devient si pesante que pour une bagatelle on ne s’adresse plus la parole. Pour vaincre cette tendance à l’isolement, les antagonistes ont besoin d'un « joueur de cithare » qui détend l’ambiance et écarte les esprits du mal. Ce joueur peut être une personne de foi dont les paroles sages poussent les belligérants à se tourner vers Dieu dans la prière.
« Jouer de la cithare » c’est aussi réchauffer les cœurs glacés par des cantiques, des paroles douces et aimables et, pourquoi pas, avec un repas en amoureux. Dans bien des cas il suffit, pour vaincre l’esprit soupçonneux, de faire amende honorable et se comporter comme si rien ne s'était passé. Il importe de fuir toutes les disputes et exigences.
Peu se rendent compte qu’ils sont influencés et gouvernés par des esprits pernicieux qui les incitent à s’éloigner, comme Caïn, loin de la face de Dieu. Ils ne s’imaginent pas que leurs désirs, somme toute naturels, d’après l’argent, le sexe et le pouvoir soient influencés par des esprits séducteurs dont nul ne connaît ni le nombre ni la puissance. Cependant :
Il ne s'agit pas d'être dupes de Satan, car nous n'ignorons pas ses desseins. (2 Corinthiens 2, 11)
Ces esprits du mal sont non seulement des influences qui assaillent nos pensées, mais aussi des personnes physiques qui demeurent sous leur emprise. Lorsque de telles personnes cherchent à nous captiver en parlant mal des autres, il faut leur ordonner de s’en aller au nom de Jésus. Nous devons résister fermement aux agents du mode de l’obscurité qui cherchent à forcer nos cœurs pour y effectuer leur travail destructif. Celui qui perd son âme dans les biens de ce monde que peut-il bien donner pour son rachat ?
Quand nous aimons Christ plus que notre propre vie nous n’avons rien à craindre. Satan ne peut nous toucher, comme Job, que dans les limites fixées par Dieu :
Soit! dit Yahvé au Satan, il est en ton pouvoir mais respecte pourtant sa vie. (Job 2, 6)
Lorsque « le jour mauvais » s’est transformé en un « jour de victoire », il importe peu à quel moment et dans quelle circonstance nous quitterons la terre puisque nous avons l’assurance que maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans notre corps. Heureux celui qui peut dire avec l’apôtre Paul :
Christ est ma vie, et la mort m’est un gain. (Philippines 1, 21)