Manifester la vie de Jésus

Quoique vivant en effet, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair mortelle. (1 Corinthiens 15, 45-46)
L’apôtre Paul désigne Jésus-Christ comme étant le « second homme » ou le « dernier Adam ». (1 Corinthiens 15, 45-46) Il utilise ces deux expressions pour illustrer la différence fondamentale entre « le premier » et « le dernier » Adam. La distinction est de taille aussi bien en ce qui concerne l’origine que la vocation. En effet, « le premier homme », Adam, a été formé par la volonté créatrice de Dieu avec la poussière de la terre, tandis que l’origine du « second homme », Christ, se trouve en Dieu dont il est l’émanation : le Fils unique venu du Père. (Jean 1, 14) Extrait de la terre, le « premier homme » avait pour vocation de s’ouvrir à l’Esprit de Dieu pour pouvoir refléter l’amour de son divin créateur. Tandis que le « second homme » venu des cieux, plein de grâce et de vérité, avait pour vocation de manifester la gloire du Père céleste parmi les descendants du « premier homme ».
En choisissant de façon délibérée d’accueillir l’esprit du diable plutôt que l’Esprit de Dieu, le premier Adam réduisit à néant sa vocation céleste. En ouvrant son âme aux paroles du diable, il devînt un enfant des ténèbres : « le premier né d’entre les pécheurs ». Dès lors il ne put transmettre à ses descendants que l’image perfide de celui qui devint son père spirituel : le diable. C’est pour cette raison que les pécheurs ne peuvent, sans blasphémer, s’adresser à Dieu comme si lui était leur père.
Tout n’est cependant pas perdu pour les hommes. Ceux qui le désirent peuvent, aujourd’hui encore, quitter le péché et renaître en enfants de Dieu. Grâce au « dernier Adam », Christ manifesté dans la chair pleine de grâce et de vérité, les descendants du « premier Adam » peuvent retrouver l’image divine perdue. Cette possibilité n’est pas encore révolue bien que la foi véritable se fasse rare de nos jours. (Luc 18, 8) En effet, il suffit aux hommes de se repentir et obéir à Christ en se laissant baptiser en sa mort. (Actes 2, 38) Le corps du péché est alors détruit en lui ; le baptisé meurt à son passé et ressuscite à une vie nouvelle. L’amour de Dieu que l’Esprit Saint répand alors dans son cœur, l’homme retrouve l’image divine perdue par son ancêtre et peut témoigner, en vérité :
Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. (2 Corinthiens 5, 17)
La divine puissance qui opère cette incroyable transformation de l’être procure tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Cette bénédiction spirituelle assure les plus grandes et les plus précieuses promesses par lesquelles les fidèles deviennent participants de la nature divine. (2 Pierre 1, 3) Elle les comble de dons célestes et les rend capable à manifester dans leur corps mortel la vie de Christ : son humilité, sa douceur, sa justice et sa joie. Elle les remplie de cette merveilleuse paix divine que les anges avaient annoncée lors de la naissance du Christ :
Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée. (Luc 2, 14).
Elevés au rang de serviteurs et citoyens des cieux, une nouvelle relation s’instaure entre Dieu et ces nouveau-nés. Désormais leur plaisir est de rechercher les richesses véritables qu’ils partageront avec Christ pour toujours. Contrairement aux enfants du « premier Adam » qui sont attachés aux choses de la terre, la résidence principale des descendants du « dernier Adam » se trouve dans les cieux : au lieu du Christ (préparé dès avant la fondation du monde) d’où sortira la cité qui a de solides fondements. (Hébreux 11, 10)
Parce que les chrétiens ne s’intéressent guère aux richesses terrestres, ils sont souvent traités de fantasques par les inconvertis qu’ils côtoient. Cela n’est guère surprenant, car il n’y a pas d’affinité entre ceux qui aiment le monde et les choses qui sont dans ce monde et ceux qui aspirent aux richesses du monde à venir. (1 Jean 2, 15) Et si Dieu permet que nous soyons quelquefois traités en ennemi, c’est simplement pour nous inciter à surveiller notre coeur plus que toute autre chose. Car par manque de vigilance, nous risquons de perdre la vie comme les enfants d’Israël qui périrent dans le désert. (Hébreux 3, 17)
Comme nous ne pouvons empêcher Satan à tout mettre en oeuvre pour nous priver de l’héritage qui nous est réservé dans les cieux, il vaut quelquefois mieux, pour ne pas pécher contre Dieu, « laisser le vêtement dans sa main » et nous enfuir nus comme Joseph. Souvenons-nous aussi de Job qui perdit tout et dît simplement :
Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. (Job 1, 20)
Pour remporter le prix de la vocation céleste nous devons toujours nous porter en avant et courir vers le but. (Philippiens 3, 12) Veillons à ne pas nous laisser tenter et séduire par le diable. Sinon nous courons le risque de périr sur la « route du désert » de la vie et de perdre le prix de notre vocation céleste. Ne commettons jamais cette sottise de regarder en arrière après avoir mis la main à la charrue. (Luc 9, 62)
Il n’est pas toujours évident de percevoir les séductions du diable. Un des signes avant-coureurs est un manque de goût pour la nourriture solide. On ne la supporte plus et commence, tel un estomac malade, à vomir les mets les plus précieux. Que de chrétiens zélés se sont laissés immobiliser à cause de leurs attachements au passé, au mode de vie, aux coutumes et rites religieux. Il se vérifie toujours à nouveau que seuls les saints et fidèles se laissent attirer par le seul trésor d’avenir :
La bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Jésus-Christ.