Les bénédictions de Dieu

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ! (Éphésiens 1, 3)
Les bénédictions de Dieu sont des faveurs et des bienfaits qui arrivent toujours au moment opportun. Souvenons-nous d'Abraham et de sa réaction à l'appel de Dieu. Lorsqu'il crut aux promesses et mit sa confiance en l’Éternel, cela lui fut imputé à justice (Genèse 15, 6). Mais lorsqu'il obéit à l’Éternel en rompant ses attaches terrestres et quittant sa patrie et la maison de son père, cela lui procura ce serment extraordinaire :
Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront... et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. (Genèse 12, 2-3)
Dans ce serment nous découvrons, en l'examinant de plus près, trois merveilleuses promesses. Des promesses dont les bénédictions enrichiront, bien que de manière très différente, tous les descendants d'Abraham.
La première promesse : « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai » garantit à Abraham et ses descendants selon la chair la prospérité et la richesse terrestre. Ces bénédictions terrestres et éphémères étaient annonciatrices des bénédictions spirituelles et éternelles qui viendraient avec la nouvelle Alliance. Les bénédictions terrestres sont un reflet des bénédictions spirituelles comme la lumière froide de la lune est le reflet de la lumière chaude du soleil. Les véritables bénédictions sont ces bénédictions spirituelles et éternelles dans lesquelles les anges même désirent plonger leurs regards (1 Pierre 1, 12). Ce sont les fruits de l'Esprit qui abondent dans le corps de Christ.
La deuxième promesse : « Tu seras une source de bénédiction » a trouvé son accomplissement « en » Christ (Galates 3, 14). Ce n'est que « en lui », en effet, que les enfants spirituels d'Abraham - les enfants de la foi - peuvent accéder aux immenses richesses des bénédictions et biens spirituels. Bien que la valeur des bénédictions spirituelles dépasse l'entendement humain, nous en trouvons un aperçu dans la justice, la paix et la joie (Romains 14, 17) comme dans la foi, l'espérance et l'amour (1 Corinthiens 13, 13) qui règnent parmi les saints et fidèles. Jésus-Christ a annoncé cette bénédiction à sa manière en disant :
Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance. (Jean 10, 10)
La troisième promesse : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi » concerne « le royaume éternel de Dieu ». Comme ce royaume n'est encore ni établis ni achevée son essence est quelque peu énigmatique et mystérieuse pour nous. Nous sommes comme les prophètes de l'ancien Testament qui attendaient et appelaient de leurs vœux « le temps de grâce » (Jean 6, 32-58). Mais contrairement aux anciens, nous savons aujourd'hui que Dieu a donné son Fils unique pour le salut du monde et qu'il partagera son royaume éternel avec son Fils et ceux qui se trouvent en lui.
Lui qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? (Romains 8, 32)
Oui, nous avons bien lu « toutes choses ». Rien n’y manque, même pas le Fils et son héritage ! Pourtant la plupart des hommes sont et restent toujours insatisfaits. Pourquoi ? Parce qu'ils ne considèrent que les biens terrestres comme une bénédiction. Les meilleurs d'entre eux ressemblent à ce jeune homme qui, malgré ses richesses, poursuivait son chemin tout triste. (Matthieu 19, 22) Un petit nombre seulement se comporte comme ces Macédoniens dont la profonde pauvreté avait débordé en trésors de générosité dans une joie surabondante. (2 Corinthiens 8, 2)
Sachant qu'une vie sans bénédictions spirituelles ne satisfait personne, Jésus conseille à tous les hommes :
Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.  (Matthieu 6, 33)
Mais d'où vient bien la difficulté que nous avons de choisir entre les richesses éphémères de ce monde et les richesses éternelles qui appartiennent au royaume des cieux ? De l'esprit d'incrédulité, hérité du premier Adam, qui nous domine aussi longtemps que nous ne voulons pas entendre et croire la bonne nouvelle du Royaume. C'est ce que Paul montre en demandant :
Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui ? Et comment croire sans d'abord l'entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ? (Romains 10, 14)
Ce « commet entendre sans prédicateur » pose le problème du témoignage missionnaire que chaque croyant devrait être par sa vie. Qui croit de nos jours que les véritables bénédictions ne se trouvent qu'en et avec Christ ? Avec lui nous partageons les bénédictions terrestres, mais « en lui » seulement nous partageons les bénédictions célestes.
Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès avant la fondation du monde. (Matthieu 25, 34)
Si nous ne pouvons « voir » le Royaume de Dieu sans naître de nouveau, nous pouvons encore moins en prendre « possession » si nous ne croissons pour le salut. Croître pour le salut (ou « travailler à son salut » comme Paul appelle cela), c'est ajouter à la foi la vertu, la connaissance, la piété, l'amour fraternel et la charité. Un travail pour lequel nous avons le modèle que le Seigneur Jésus-Christ nous a laissé afin que nous suivions ses traces.