Le mystère de sa volonté

« Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'il avait formé en lui par avance » (Ephésiens 1,9).
Les desseins de Dieu appartiennent à ces mystères qui restent cachées aux sages et aux intelligents de ce monde (Matthieu 11,25). Et pourquoi ? Parce que ces personnes se croient trop sages pour chercher Dieu et s'ouvrir à la sagesse divine, et parce qu'ils se croient trop intelligents pour admettre que toutes leurs œuvres, même les meilleures, ne sont que des chimères… Mais avant tout parce qu'ils ne croient pas avoir besoin de salut et de transformation dans leur propre vie. C'est pourquoi, tout ce qui a trait aux choses divines reste une folie pour ces sages (1 Corinthiens 1,20-23). Que ce n'est pas une nouveauté montre le psalmiste qui constate :
« Il n'y a pas un qui soit intelligent, qui cherche Dieu. Tous sont égarés, tous sont pervertis ; il n'en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul » (Psaume 53,3-4).
Mais comment pourrions-nous connaître « le mystère de sa volonté » si l'Esprit Saint, qui sonde même les profondeurs de Dieu ne nous le dévoilait pas ? Sans son action nous serions incapables de comprendre que « le mystère de sa volonté » concerne ce dessein bienveillant, que Dieu avait formé en lui par avance, qui consiste à affranchir l'homme de son péché et de rétablir la communion avec lui.
C’est de manière progressive que Dieu a dévoilé aux hommes de bonne volonté le « mystère de sa volonté ». Jean-Baptiste fut le dernier des prophètes qui leva un coin du voile qui cachait la vue aux fils d'Israël (2 Corinthiens 3,14) lorsqu’il dit : « Après moi vient celui qui est plus puissant que moi ». Jean-Baptiste devait préparer la venue de Christ par son appel à la repentance. Pourquoi la repentance ? Parce qu'elle est avant tout un retour au bon sens naturel de l’homme, cette intuition qui lui fait admettre, comme le reconnu le fier Nebucadnetsar, que :
« Les habitants de la terre ne sont aux yeux de Dieu que néant » (Daniel 4,28-37).
« Voilà l'homme qui ne prenait point Dieu pour protecteur, mais qui se confiait en ses grandes richesses, et qui triomphait dans sa malice » (Psaume 52,9).
Lorsque le fils prodigue eut l'esprit brisé et le coeur contrit, il retrouva son bon sens naturel et, ce faisant, la force pour quitter son environnement misérable et se mettre en route vers son père pour lui confesser :
« Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils » (Luc 15,11-21).
C’est en rentrant en nous-mêmes, en pleurant sur notre misère et notre péché, que nous réunissons les meilleures conditions pour retrouver, comme le fils prodigue, le bon sens naturel et faire cette merveilleuse expérience que la vérité affranchit de la misère et de l'esclavage du péché (Jean 8,32).
Lorsque nous reconnaissons notre orgueil, notre corruption et admettons n'être que néant et malice, quand nous réalisons que les biens de ce monde ne sont que de la boue, alors nous ne sommes pas loin du royaume de Dieu (Marc 12,34). Dieu suscite alors en nous le désir de le connaître davantage et met en nous cette supplique :
« O Dieu ! Écoute ma prière, prête l'oreille aux paroles de ma bouche » (Psaume 54,4) !
La première alliance que Dieu fit avec Israël devait servir à la mise en oeuvre de son dessein de réaliser une économie qui englobe toutes les nations. Il incombait à Israël de construire le premier tabernacle, sous forme d'un édifice matériel, dont Moïse fut le maître d'oeuvre. Mais bien que Moïse fût un intendant « puissant en paroles et en œuvres » (Actes 7,20) le peuple d'Israël restait chétif et rebelle et ne parvenait jamais à maturité. Tout, mêmes les plus petits préceptes, devait continuellement lui être inculqué.
« Si la première Alliance avait été sans défauts, il n'aurait pas été question de la remplacer » (Hébreux 8,7).
Pourtant cette Alliance procurait à Israël une gloire dépassant de loin celle de toutes les autres nations. Mais le comportement de ce peuple a démontré que les merveilleuses lois n'avaient pas le pouvoir de transformer les coeurs. C'est pourquoi Dieu annonçait une nouvelle et bien meilleure Alliance en promettant :
« Je mettrai ma loi au-dedans d'eux, je l'écrirai dans leur cœur » (Jérémie 31,33).
La finalité de la nouvelle Alliance est l'édification d'une maison spirituelle dont le Fils de Dieu, la pierre rejetée par les constructeurs religieux, est la pierre de l'angle (1 Pierre 2,2-7). Cet édifice n'est rien d'autre que la ville sainte, «la nouvelle Jérusalem», qui servira de lumière aux nations rachetées (Apocalypse 21,10-24). Tous ceux qui auront goûté la bonté du Seigneur seront, comme des pierres vivantes, intégrés dans la nouvelle Jérusalem où règnera cette loi de Christ qui est le principe d'unité de toutes choses :
« Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres » (Jean 13,34).
Mais aussi longtemps que cette maison spirituelle n'est pas achevée, elle n'est perceptible sur terre qu'à travers la pâle lumière que réfléchissent les différentes églises. Et pourquoi ? Parce qu'aucune assemblée humaine ne possède une pureté parfaite du fait même que les membres les plus fidèles peuvent ne pas toujours faire la volonté de Dieu et pécher par omission. D'autre part, il est inévitable que des chrétiens de nom s'infiltrent dans les assemblées et tentent de s'y conduire comme le monde.
Mais ces lacunes ne sont pas une raison de laisser transformer les assemblées en des «cavernes de voleurs» où les différences entre «frères» et « amis » sont gommées. Les manquements des uns ne devraient pas empêcher les autres à maintenir la paix et à veiller à ce que les amis, et mêmes les intrus, parviennent à une conversion véritable. Nous devons tout faire pour garder les assemblées aussi saintes qu'au temps des apôtres où Ananias et Saphira furent rejetés pour avoir transgressé la pensée de l'Esprit. Si nous ne le faisons pas, tôt ou tard, le Seigneur interviendra lui-même et :
« Il nettoiera son aire, et il ramassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point » (Matthieu 3,12).
Si un seul péché avait suffi à déclencher en Israël une terrible guerre civile qui décima la tribu de Benjamin (Juge 20), quel ne doit pas être notre zèle pour bannir de nos assemblées toutes ces abominations que l'on rencontre dans le monde ?
« Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6,9) ?
Craignons tout ce qui peut déranger et troubler l'harmonie et la paix dans les assemblées ! Car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais un Dieu de paix (1 Corinthiens 14,33).