L'inimitié, un mur qui sépare...

Car Christ est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions... (Éphésiens 2, 14-15)
Tel un mur infranchissable, les dix commandements de l'ancienne Alliance divisait l'humanité en deux camps hostiles : les Juifs et les non Juifs – les païens. Cette séparation entre les deux fractions était matérialisée dans le Temple de Jérusalem par une haute muraille qui interdisait aux non Juifs, sous peine de mort, l'accès au parvis intérieure où les Juifs seuls avaient accès. Ce mur de séparation n'était cependant qu’une expression « extérieure » d'un mode de vie différent ; car selon leur homme « intérieur », les Juifs ne sont nullement différents des païens : les deux espèces humaines ont une même nature (une même chair), les mêmes désirs, les mêmes convoitises, le même esprit et, les sont habitées par une même inimitié.
C'est en faisant la volonté de Dieu comme Fils de l’homme, en tout semblable à nous, que Jésus-Christ a condamné le péché dans la chair, (Romains 8, 3) et réduit par sa mort le diable à l'impuissance :
Puis donc que les enfants avaient en commun le sang et la chair, lui aussi y participa pareillement afin de réduire à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable. (Hébreux 2, 14). 
La mort de Christ sur la croix a donné « le coup de grâce » à la Loi avec ses ordonnances, ses règles et ses prescriptions qui était cause d’inimitié entre Israël et les non Juif : les Juifs haïssaient les païens qui ne respectaient pas leurs exigences religieuses, les païens détestaient les Juifs parce qu’ils se croyaient supérieurs pour avoir reçu les commandements et les oracles de Dieu (cf. Romains 2).
Cependant, c'est grâce à sa résurrection d'entre les morts que Christ a donné naissance à une race nouvelle : les enfants de Dieu de la nouvelle Alliance. Parce que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes, il est « maintenant » possible que les Juifs soient réconciliés et réunis avec les païens dans un même Esprit pour former un même corps : le corps de Christ. Un corps spirituel qui ignore les divisions religieuses et dont les membres s'édifient comme les prémices d'une nouvelle humanité.
Il n'a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. (Colossiens 3, 11)
Cependant, « maintenant » comme « autrefois » c’est toujours la nature humaine (de chair et de sang) qui divise les hommes, les sépare de Dieu et les empêche d'hériter les promesses divines. Pour mettre un terme à cette division nous devons, comme les apôtres, annoncer la paix de Dieu aussi bien aux Juifs qu'aux non Juifs. Car la foi naît de la prédication dès lors que la prédication se fait par la parole du Christ. (Romains 10, 17)
Aussi longtemps que dure le temps de grâce il est possible, pour quiconque entend et croit la parole de Christ, de devenir un enfant de Dieu, en naissant de nouveau d'eau et d'Esprit, qui possède les pensées et l'entendement de Christ. Mais ceux qui méprisent ce temps de grâce et refusent de croire l'Évangile de Christ, tout comme ceux qui ne veulent pas renoncer à leur entendement terrestre et charnel, ne peuvent être réconciliés ni avec Dieu ni les uns avec les autres. Ils resteront séparés de Dieu aussi longtemps qu’ils n'aspirent ni à la paix ni à la réconciliation et ne se laissent pas purifier de leur péché.
Si ceux qui se donnent aujourd'hui le nom de chrétien croyaient réellement en l'œuvre de Christ, ils ne marcheraient plus selon la chair mais selon l'Esprit. (Galates 5, 16) L'inimitié envers Dieu et envers les hommes aurait disparue et laissé la place à la réconciliation et la paix. Il n'y aurait plus de distinction entre Juifs et non Juifs, entre étrangers et barbares, entre esclaves et hommes libres. Les croyants vivraient leur foi dans un même Esprit et avec une même charité envers tous les hommes, mais principalement envers les autres membres du corps de Christ.
Mais comme ce n'est pas encore le cas, malheureusement, nous savons que la plupart des églises et assemblées du monde religieux ont toujours ce mur de séparation, l’inimitié, entre elles. Comme les Juifs, elles vivent encore sous la Loi et se trouvent en dehors de la grâce qui est en Jésus-Christ.