L’homme qui veut ou qui court

Il n’est donc pas question de l’homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. (Romains 9,16) 
Que Dieu fasse miséricorde à qui il veut et endurcit qui il veut ne signifie nullement que notre destinée nous est imposée. Au contraire, elle dépend des choix que nous faisons lors les événements qui jalonnent notre vie. Nous avons tous la possibilité d’être à l’écoute de la parole de Dieu et de choisir entre la foi ou l’incrédulité, la soumission ou la rébellion, l’humilité ou l’orgueil. 
Dieu avait suscité Pharaon pour montrer à travers lui sa puissance dans tous les pays. Il lui montra sa longanimité et sa patience en le laissant faire comme bon lui semble. Et si Pharaon périt finalement noyé, c'est pour avoir endurci son cœur à un point tel qu'il n’hésita pas à pourchasser le peuple élu jusqu'au milieu de la mer rouge ! Sa mort soudaine est en vérité la conséquence de son entêtement et de son esprit tordu. Ne demanda-t-il pas ironiquement à Moïse : Qui est Yahvé, pour que j’écoute sa voix et que je laisse partir Israël ? Je ne connais pas Yahvé et, quant à Israël, je ne le laisserai pas partir. (Exode 5, 2) La destinée de Pharaon devint ainsi une sérieuses mise en garde pour tous ceux qui choisissent d’ignorer la parole de Dieu. 
Dieu est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Il ne désire pas la mort des incrédules mais aimerait qu'ils se convertissent et vivent. S'il permet que des afflictions, des peines et des tribulations atteignent l’homme, c'est pour l’inviter à se convertir. Mais l’homme possède une fâcheuse tendance à toujours se rebeller contre Dieu (quitte à périr noyé), et d’oublier le grand nombre de bienfaits reçus durant sa vie. Qui néglige la grâce que Dieu lui offre en Jésus-Christ se condamne lui-même à une vie sans espérance ; il sans excuse. 
Nombreux sont ceux qui essaient de mériter leur salut en se justifiant par leurs œuvres ; certains estiment même que martyriser son propre corps en est le summum. Mais quelques soient ces œuvres humaines elles ne font pas partie du « fruit de l’Esprit ». Car celui « qui veut ou qui court » doit le faire de la bonne manière, dans les règles. « Dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix. » (1 Corinthiens 9, 24)Qui refuse la grâce qui est en Jésus-Christ se privent de la miséricorde de Dieu, il ne coure pas sur la bonne « piste » : le chemin étroit qui mène à la vie. C’est la grâce qui rend capable de courir de manière à remporter le prix de la vocation céleste ; sans elle nul ne tient la distance. 
Jésus-Christ le vainqueur par excellence de cette course spirituelle ne peut partager son prix qu’avec les membres de son corps qui courent cette course (qui se déroulent avant tout dans l’esprit) avec un même entendement, une même pensée et une même foi. Qui veut ou qui court en dehors de Christ ne produit au mieux que des œuvres de la Loi qui à été instituée pour les insoumis et les rebelles, les impies et les pécheurs…, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine. (1 Timothée 1, 9-10)
Ceux qui ne se laissent pas réconcilier avec Christ dans sa mort, ceux qui ont le cou raide et qui établissent leur propre justice pour ne pas obéir à la foi, ils se privent eux-mêmes du royaume des cieux. 
Nul n'est condamné pour être né dans ce monde du péché, ni pour avoir transgressé des lois, mais uniquement lorsqu’on ne veut pas se laisser sauver par le Christ. Ainsi se confirme : Ce n’est pas celui qui veut ou qui court qui décide de la miséricorde divine, mais Dieu seul. Et lui accorde sa miséricorde à tous sauf aux incrédules qui n’en veulent pas.