L’héritage réservé aux saints

Qu’il illumine les yeux de votre coeur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. (Ephésiens 1, 18-19)
Dieu dit au premier jour de la création : « Que la lumière soit ! » Et la lumière fut. Cette lumière initiale est comme une préfiguration de notre conversion. En effet, pour faire lever la lumière de vie dans un cœur où règnent les ténèbres de Satan, Dieu doit aussi dire : «que la lumière soit». C'est l'apparition de cette première lumière qui nous révèle le péché et comment nous pouvons, en dépit des ruses du diable, être réconciliés avec Dieu. Après cette réconciliation avec Dieu que procure « la mort de Christ » le nouveau convertie est invité à s’engager sur la voie du salut par « la vie de Christ » (Romain 5, 10). Pour ne pas se décourager en cours de route et pouvoir « croître pour le salut » (1 Pierre 2, 2), il a besoin que la lumière de l’Esprit l’éclaire et lui fasse entrevoir la richesse de ce salut et la gloire de l'héritage réservé aux saints. Cette lumière de l'Esprit est préfigurée par les luminaires que Dieu mit en place au quatrième jour de la création lorsqu’il dit : « Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit. Et cela fut ainsi » (Genèse 1, 3 et 14). Le soleil et les étoiles dans l’étendue du ciel sont une métaphore de la lumière de l'Esprit qui éclaire les disciples sur le chemin étroit qui mène à la vie, la vérité et la paix. Lorsque cette lumière céleste transperce l’être, elle aiguise l'acuité de la vision spirituelle et procure cette espérance vivante qui s'attache à l’appel de Jésus-Christ. Elle met en garde contre la séduction du péché et nous enseigne par l’Esprit comment « faire mourir les actions du corps » (Romain 8, 13) et comment faire (ou ne pas faire) pour convenir des bons choix. Plus nous sommes réceptives aux révélations concernant l’inépuisable, riche et glorieux héritage que Dieu réserve aux saints, moins nous sommes tentés à regarder en arrière, vers le passé, et moins nous succomberons aux désirs et convoitises de la chair et à ce monde de vanité qui nous entoure. En effet, tous ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, possèdent aussi la force et le pouvoir pour résister aux tentations et aux séductions de ce monde et d’aller au-delà des limites de la chair (Hébreux 6, 4-6). « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi » (Jean 17, 9). Le monde est monde et restera monde. Si Jésus ne priait par pour lui c’est parce qu’il n'y a pas d'espoir pour ce royaume terrestre dont l’argent est le dieu qui corrompe les hommes et les maintient dans l'esclavage et la mort. C'est pour cette raison que le commencement de l'obéissance de la foi consiste à «mourir au monde et à ses convoitises». Malheureusement, il n'est pas rarissime de trouver aussi des croyants qui s’égarent dans leurs pensées et dont le coeur sans intelligence s’est replongé dans les ténèbres. Certains vont même, comme des païens, jusqu'à se corrompre en déshonorant leurs propres corps (Romains 1, 18-27). Hélas ! Ils «périront par leur propre corruption, recevant ainsi le salaire de leur iniquité» (2 Pierre 2, 12-13). Christ devait mourir à ce monde pour pouvoir régénérer l’homme (par nature incapable de goûter la bonté infinie de Dieu) et lui procurer cette espérance vivante qui s'attache aux choses d'en haut où il est assis à la droite de son Père. Mais comme les richesses célestes que nous espérons sont encore cachées dans les cieux, nous ne pouvons les capter et entrevoir qu'avec nos oreilles et nos yeux intérieurs. C’est pourquoi il importe de prendre soin de la vie intérieure et de ne pas dilapider son héritage comme le fils prodigue. Beaucoup de prédicateurs ne savent pas la différence entre l'Évangile et la Loi, entre Christ et l'Antéchrist, et mélangent la vérité avec le mensonge au point qu’ils vont jusqu’à prétendre qu'il est impossible de vaincre le péché et de vivre à l'exemple de Christ. Pourquoi cette méconnaissance ? Parce que ces ministres ne sont pas nés de nouveau et raisonnent, selon le vieil homme, d'une manière humaine et charnelle. Faut-il alors prêter foi à ces messagers ? Loin de là ! Leur impuissance à garder les préceptes divins et leur cupidité prouvent clairement qu'ils ne demeurent pas en Christ mais dans l'incrédulité. L'Église est la plénitude de Dieu qui remplit tout en tous. Elle est ce corps que Christ imprègne de son amour et qu'il remplie de sa force, de sa patience et de son humilité. De ce fait, il n'est que normal que l'Église rayonne de l'amour de Christ et que ses membres vivent sans murmures, ni plaintes, ni faiblesses (Philippiens 2, 13-14). C'est grâce à cet amour de Dieu, que l’Esprit répand dans les cœurs, qu’un disciple de Christ peut témoigner avec l'apôtre Paul : « Je puis tout par celui qui me fortifie » (Philippiens  4,13). Que Dieu ait aimé son Fils est en somme compréhensible, mais qu'il nous aime, nous aussi, de la même manière qu'il a aimé Christ (Jean 17, 23) cela dépasse l'entendement humain. Toutefois nous pouvons en déduire que si nous demeurons fermes dans l'amour, la foi et l'espérance, le péché et le monde ne pourront nous vaincre de nouveau et l'héritage glorieux à venir nous est assurés (Romains 5, 2). « Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu'à la fin l'assurance que nous avions au commencement » (Hébreux 3, 14). Le pouvoir d'anéantissement du péché réside dans la mort de Jésus-Christ, et le pouvoir d'édification de la justice dans sa résurrection d'entre les morts. Christ est mort en faiblesse pour nous faire revivre, en lui, par la puissance de l’Esprit. Après nous avoir transféré des ténèbres à son admirable lumière, Dieu nous communique la même puissance avec laquelle il a ressuscité Christ d'entre les morts. Cette force spirituelle nous permet de tout supporter et de vaincre tout ce qui pourrait nous séparer de l'amour de Christ. « Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins... » (Actes 1, 8). En Christ nous participons à cette force infinie qui surpasse toutes les puissances, autorités et dominations dans les lieux célestes (Ephésiens 3, 10 ; Romains 8, 38). En laissant agir l'Esprit de celui qui est le maître de la création et de l'histoire, nous démontrons aux incrédules ce que signifie être affranchis de la puissance du péché et de Satan. Et comme c'est l’Esprit de Christ qui produit en nous «le vouloir et le faire», il est compréhensible que les victoires qui en résultent ne nous permettent pas de nous en glorifier. L'homme naturel a besoin d'entendre qu'il ne peut vaincre lui-même ses propres désirs. Etant un enfant du diable, il ne peut qu’imiter les dominations et autorités qui l'entourent. Que celui qui est tourmenté par ces forces maléfiques et ténébreuses sache que Jésus-Christ peut chasser ces esprits diaboliques de son coeur et le guérir comme il le fit pour Marie de Magdala de laquelle sortaient sept démons (Luc 8, 2). Jésus-Christ a autorité sur ces puissances parce qu'il a préféré mourir plutôt que de se laisser contaminer par elles. Depuis que le pouvoir de Satan est brisé, ces esprits maléfiques ne peuvent que s’enfuir de ceux qui acceptent la grâce et la vérité qui sont en Jésus-Christ. Le seul relent de pouvoir qui reste au diable est celui de tourmenter les saints dans leur chair et leur foi. Mais cela fait partie de ces «toutes choses» qui concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. Les enfants de Dieu apprennent ainsi à tout supporter et à mettre leur confiance en Christ qui, en retour, leur donne le pouvoir et la capacité de résister aux esprits mauvais. Si les saints et fidèles devaient être impuissants et dans la crainte devant ces puissances maléfiques, Dieu les enlèverait de la terre dès qu'ils sont nés de nouveau. Mais cela n'est pas nécessaire, puisque «le plus petit en Christ» est plus grand que Jean-Baptiste. Car l’enfant de Dieu participe à des forces célestes : Cette «infinie grandeur de sa puissance» que Jean-Baptiste ne connaissait pas.