Du présent et de l'avenir

Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le vaillant ne se glorifie pas de sa vaillance, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse ! Mais qui veut se glorifier, qu'il trouve sa gloire en ceci : avoir de l'intelligence et me connaître, car je suis l’Éternel qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre. Oui c'est en cela que je me complais. (Jérémie 9, 23-24)
Il est intelligent et glorieux de choisir Jésus Christ qui, étant le Chemin, la Vérité et la Vie, conduit à l’Eternel Dieu tous ceux qui le suivent dans ses traces. Suivre celui qui dans son abaissement, comme précurseur et modèle, a vécu parmi les hommes plein de grâce et de vérité, de bonté et de pardon, de compassion et de miséricorde, d’honnêteté, de droit et de justice. Ce sont toutes des vertus de Christ dont nul autre ne peut se glorifier.
Qui donc en effet te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? (Corinthiens 4, 7)
Qui peut se glorifier de ses succès, de sa richesse et de sa vaillance ? Tel est riche uniquement parce que Dieu lui en a donné la capacité ; sa réussite n’est pas le fatal résultat de ses efforts car beaucoup de choses auraient pu anéantir ses plus belles entreprises. Le véritable capital donné aux hommes est la liberté de pouvoir « choisir ». Ainsi, nous pouvons choisir le bien qui façonne notre homme intérieur. Ce qui importe n'est pas ce que nous possédons mais ce que nous sommes ; ce qui est réellement nôtre, ce que nous emporterons dans l’Éternité.
Ainsi donc, ni celui qui plante n'est quelque chose, ni celui qui arrose, mais celui qui donne la croissance : Dieu. Celui qui plante et celui qui arrose ne font qu’un, mais chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur. Car nous sommes les coopérateurs de Dieu; vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. (1 Corinthiens 3, 7-9).
Nous ne sommes responsables que de nos choix. Ce qui en résulte est entre les mains de Dieu. Lorsque nous cherchons à faire le bien et que nos efforts ne produisent pas le résultat escompté, il ne faut pas culpabiliser. C’est Dieu qui écrit le script des scènes qui se déroulent à l’extérieur de nous sur le théâtre du monde ; notre droit exclusif est d’écrire le script de notre vie intérieur en choisissant de l’enrichir par la bonté, la patience, les nobles pensées, attitudes, perceptions, interprétations, sentiments, réponses, etc. C’est en choisissant de faire le bien que nous devenons bons, même si, pour des raisons hors de notre contrôle, nous ne sommes pas toujours en mesure de l’accomplir. Seuls les efforts faits pour faire la volonté de Dieu sont de notre responsabilité ; le succès, lui, est entre ses mains.
Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. (Deutéronome 29, 29)
Comme nous ne savons pas de quoi est fait le lendemain – le futur, il nous faut apprendre à vivre chaque jour du mieux que nous pouvons. Il nous appartient de faire des choix qui honorent Dieu et qui peuvent nous transformer intérieurement en son image de gloire en gloire. Salomon qui comprit que son royaume et le Temple seront détruits, se demandait :
Quel profit trouve l'homme à toute la peine qu'il prend sous le soleil ? (Ecclésiaste 1, 3)
Aujourd’hui, nous savons que la tâche véritable d’une vie n'est pas la construction de temples et d’églises mais l’édification du royaume des cieux dans les cœurs. Aussi comprenons-nous mieux le désappointement de Salomon et son ultime exhortation :
Crains Dieu et observe ses commandements, car c'est là tout l’homme : oui, Dieu fera venir toute œuvre en jugement, tout ce qu'elle recèle de bon ou de mauvais. (Ecclésiaste 12, 13-14).
D'aucuns ne désirent point d’enfants par crainte qu'ils pourraient tourner mal. Pourtant, le devenir des enfants n'est pas l’affaire des parents dont le rôle est simplement de les éduquer selon la volonté de Dieu. L’avenir des enfants reste l’affaire de Dieu. Lorsque le roi Ézéchias tomba gravement malade le prophète Isaïe vint lui dire :
Mets ordre à ta maison, car tu vas mourir, tu ne vivras pas. (2 Rois 20, 1)
N'étant pas marié, Ézéchias semble conclure que sa maladie résulta de sa négligence du commandement :
Soyez fécondes, multipliez.
(Genèse 1, 27)
Ézéchias pleura amèrement, et Dieu ajouta quinze ans à sa vie. Quelques temps après il épousa la fille du prophète Isaïe et elle lui procura un fils : Manassé. Celui-ci, malgré son éducation royale, manifesta un caractère tordu et méchant tel qu'il finit par tuer Isaïe, son grand-père, adora les idoles et causa la destruction du peuple. Nul ne désire avoir un voyou pour fils, encore moins ce bon Ézéchias qui, sa vie durant, combattait le culte des idoles. Cependant, Ézéchias n’avait d’autre mission que de faire siens les commandements de Dieu et lui confier l’avenir. Telle est notre mission à tous !
La vie terrestre nous procure l’opportunité de connaître Dieu, la vanité des choses terrestres et les moyens pour édifier notre homme intérieur pour qu’il reflète l’image de Dieu. Que le monde s'effondre autour de nous ou non, notre vocation est de croître intérieurement au travers de beaucoup de souffrances. C’est pourquoi, Paul et Barnabé affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi, car, disaient-ils :
Il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu. (Actes 14, 22)
Dans les épreuves il y a toujours un gagnant et un perdant. Mais souvent c’est un « qui gagne perd ; qui perd gagne. » En effet, si celui qui surmonte une épreuve ne devient pas meilleur il est en fait le perdant ; tandis que celui qui accepte sa défaite humblement et avec contentement transforme l’échec en une belle victoire.
Quoi qu'il en soit, Dieu collabore en tout pour le bien de ceux qui l'aiment, et toujours pour leur bien le meilleur. Même perdre un emploi peut concourir au bien ; car le prochain travail (moins bien payé et parmi des gens plus difficiles) permettra de faire de nouveaux choix qui vont transformer et enrichir la vie. Car Dieu est fidèle ; il ne permettra jamais que nous soyons tentés au-delà de nos forces; mais, avec la tentation, il nous donnera le moyen d'en sortir et la force de la supporter. (cf. 1 Corinthiens 10, 13)