Du commencement de l'Évangile

Commencement de l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon qu'il est écrit dans Isaïe le prophète : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. (Marc 1, 1-4)
Se trouvant dans le désert, près des bords du Jourdain, Jean-Baptiste proclamait un baptême de repentir pour la rémission des péchés aux habitants de la Judée et de Jérusalem qui se rendaient auprès de lui. Ceux qui confessaient leurs péchés, Jean les baptisait en les immergeant dans les eaux du Jourdain : il prépara ainsi « la route du Seigneur ». Cette voie étroite qui mène à la vie porte les traces de Jésus qui a dit :
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père sinon par moi. (Jean 14, 6)
Ce chemin nouveau qui permet de pénétrer dans le lieu très-saint, le sanctuaire éternel, a été inauguré pour nous par Jésus à travers sa chair. (Hébreux 10, 20) C’est la route de l’Évangile de Jésus-Christ, la voie de la nouvelle Alliance. Les premiers chrétiens n'avaient aucun doute à ce sujet ; ils servaient Dieu selon « cette voie » que les adversaires appelaient une secte. (Actes 24, 14)
Jean-Baptiste qui avait comme ministère de préparer « le chemin du Seigneur », parcourait les environs du Jourdain en prêchant un baptême de repentance pour la rémission des péchés. Il montra ainsi que 1’homme ne peut ni recevoir le Christ ni le suivre comme disciple sans renoncer à vivre selon le train ou l’esprit de ce monde. Ceux qui se repentaient et confessaient leurs péchés les eurent pardonnés et leur conscience purifiée et tranquillisée.
Le royaume de Dieu c’est la justice, la paix et la joie dans le Saint-Esprit. Comme on ne peut entrer dans ce royaume sans mettre de l’ordre dans sa vie, Jésus-Christ prolongea le ministère de Jean-Baptiste en prêchant, lui aussi, la repentance avant de ne baptiser ceux qui crurent. (Marc 1, 14-15 ; Jean 3, 22) Il est indispensable pour qui aspire à vivre en nouveauté de vie, de creuser profondément dans son passé, reconnaître ses forfaits, les mettre à la lumière et en réparer ce qui est réparable.
C’est sur ce fondement ferme que le baptisé pourra alors construire sa maison : vivre une vie nouvelle en s’engageant sur la route nouvelle et vivante qui mène au sanctuaire. (Luc 6, 47-48) Toutefois, pour ne pas retomber dans les péchés et travers du passé, il lui faut aussi une purification intérieure : la purification de l'esprit. Ne pouvant assurer lui-même cette purification, le Baptiste proclamait :
Pour moi, je vous baptise dans de l'eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne d'enlever les sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. (Matthieu 3, 11)
Parce que le Baptiste désirait lui-même être baptisé dans l’Esprit Saint pour vaincre le péché, il dit à Jésus : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi ! » Cependant ce don de l’Esprit Saint ne pouvait être communiqué aux hommes qu’après la mort et la résurrection de Jésus. Pour cette raison Jésus dit aux disciples, bien que baptisés d'eau, d’attendre la promesse :
Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. (Actes 1, 8)
Le baptême de Jean n'était pas un simple rituel mais le témoignage d'une vraie conversion. Ce n'est pas l’immersion dans l’eau qui importait mais la condition de cœur de ceux qui voulaient être baptisés. Ainsi, Jean ne baptisait que ceux qui étaient affligés et repentants, et reprenait sévèrement ceux qui voulaient se faire baptiser sans produire des fruits dignes de repentance. Tels les Pharisiens et Saducéens qui tiraient leur gloire les uns des autres, et non la gloire qui vient de Dieu seul, et qui se considéraient comme des fils d'Abraham, tout en pratiquant leur justice devant les hommes pour en être vus.
Qui se fait baptiser sans se repentir et sans produire des fruits dignes de repentance, rend nuls à son égard, les desseins de Dieu. Comme il n’est pas possible d’avancer sur le chemin de la vie nouvelle sans déplorer ses erreurs et sans avoir épuré son passé, il ne trouvera jamais la porte étroite du renoncement qui donne accès au chemin resserré qui mène à la vie (Matthieu 7, 13-14) et continuera à tâtonner dans les ténèbres.
Se repentir et se convertir pour avoir part à l’Évangile demande une certaine violence intérieure, une virulence envers soi-même. Cette véhémence consiste, aujourd'hui comme hier, à tout faire pour remplir les conditions contenues dans le message préparatoire de Jean-Baptiste, message repris par Jésus-Christ lui-même lorsqu’il annonce :
Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l'Évangile. (Marc 1, 15)
Bienheureux les pauvres en esprit qui ont l’esprit tourné vers ce que le monde considère comme folle, faible, vile, méprisable : le Royaume des cieux leur est réservé.
Bienheureux les affligés qui sont affligés pour s'être détourné de Dieu : ils seront consolés.
Bienheureux les affamés et assoiffés de la justice : en se convertissant ils seront rassasiés de justice.
Bienheureux ceux qui demande pardon et réparent ce qui est réparable : ils ont vocation d’être des disciples Christ.