De la vaine gloire

Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement . (Galates 5, 26)
Un jour, Jésus demanda à ceux qui l’interrogeaient  :
Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique  ? (Jean 5, 44)  
Chercher l'approbation des hommes rend esclave de la vaine gloire et empêche de croire véritablement en Christ qui, lui, ne recherchait que la gloire qui vient de Dieu seul.
Poussé par une même foi, Moïse ne cherchait que la gloire de Dieu. Il choisit de subir le mépris et les outrages parce qu’il estimait l’opprobre du Christ à venir comme une richesse supérieure aux trésors de l’Egypte. Et pourquoi ? Parce qu’il avait les yeux fixés sur la récompense. (cf. Hébreux 11, 24-26)
Comme l’opprobre n’est jamais une délicatesse pour la chair, et la vaine gloire si enracinée dans la nature humaine, beaucoup ne comprennent pas que Christ ait pu dire : 
Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. (Luc   6, 22)
Ceux qui sont nés de nouveau sont quelquefois accusés, heureusement à tort, d'être présomptueux et fiers. Pourquoi ? Parce qu’ils n’attachent plus leur regards aux choses visibles, mais aux réalités invisibles. Ils sont conscients que les choses visibles n’ont qu’un temps, mais que les invisibles sont éternelles. (cf. 2 Corinthiens 4, 18)
La terre et les cieux sont d’essence si différent que l’on ne peut être citoyens des deux mondes. Dès que notre nom est inscrit dans le livre de vie, il est effacé sur terre ; il serait donc étonnant que les hommes disent encore du bien de nous. Pour cette raison Jésus dit : Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. (Luc 6, 26)
La vaine gloire incite à se soustraire à la moquerie, au mépris des hommes et à douter que les souffrances de Christ soient plus précieuses que tous les trésors de la terre. Pourtant, la nature même d’une vie nouvelle est de rester crucifié avec Christ et de tout faire pour la gloire de Dieu. 
Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. (Jean 12, 26)
Jésus pria : 
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. (Jean 17, 24)
Ce n’est pas du fatalisme que de toujours chercher l'honneur et la gloire de Dieu. Etre un disciple de Christ, c’est suivre ses traces en fixant nos yeux sur lui dans cette course de foi qui mène à la perfection. En vue de la joie qui lui était réservée, Jésus affronta la mort sur la croix, dont il méprisa l’infamie, et siège désormais à la droite de Dieu. (cf. Hébreux 12,2)
Bien que l'homme dans sa condition naturelle n'ait aucune raison à s'enorgueillir, il n’y a rien qui l’attire autant que ce penchant d’être « quelque chose », rien non plus qui lui fasse autant de peine que d'être considéré comme « un rien » ! C’est la preuve même de sa profonde chute.
Rechercher la vaine gloire, ou un vain succès, nous s'expose inutilement à l'opprobre des hommes en qui cela provoque des envies et de la méchanceté. Comme tous les domaines de la vie (parler, travailler, manger) en sont concernés, l’apôtre nous exhorte ainsi :
Et quoi que vous puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu le Pèr ! (Colossiens 3, 17) 
Quelque soit votre travail, faites-le avec âme, comme pour le Seigneur Christ que vous servez. (Colossiens 3, 23)
Sois donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour le gloire de Dieu. (1 Corinthiens 10, 31)
Celui qui est régénéré par Christ n'a aucune raison de se vanter ou d'être fiers : Il sait que tout n'est que grâce. Une preuve irréfutable de l’affranchissement du péché est ce charme particulier que le disciple éprouve à ne pas se considérer comme sage, de supporter avec joie d'être traité comme un rien et de se laisser attirer vers les choses humbles de ce monde. Il peux témoigner comme Paul : 
C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n’a pas été stérile. Loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous ; oh ! non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. (1 Corinthiens 15, 10)
Christ s'est abaissé sous l'opprobre, la risée, les insultes et les outrages. Dans toutes ces circonstances il ne s'est pas défendu ni laissé s'emporter ou s'exciter. Il n'a jamais cherché son intérêt personnel, mais se laissait dévorer par le zèle pour la maison de Dieu au point de pouvoir faire siennes ces paroles  du Psalmiste: 
Plus nombreux que les cheveux de la tête, ceux qui me haïssent sans cause… l’insulte de tes insulteurs tombe sur moi. (Psaumes 69, 4-9)
C'est de Christ, lui : qui n’a pas commis de faute – et il ne s’est pas trouvé de fourberie dans sa bouche ; lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice (1 Pierre 2, 22-23), que nous pouvons apprendre l'art et la manière de servir et de s’abaisser dans toutes les circonstances de la vie.
Et s’il est dit : 
Heureux, si vous êtes outragés pour le nom du Christ, car l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose sur vous (1 Pierre 4, 14), c’est que les véritables souffrances de Christ portent toujours ce sceau : Elles sont sans cause.
C’est à dessein que nous sommes exhortés à nous garder de toute vaine gloire et de la recherche d'un honneur faux. La vaine gloire est une racine d'amertume qui produit facilement des rejetons dont il est difficile d'en être purifié pour toujours vivre dans la sérénité et l'impassibilité de Christ.